Publié le 31 août 2026 · 11 min de lecture
Aucune route ne mène aux Kornati, et aucun ferry public régulier ne dessert cet archipel de 89 îles, îlots et récifs protégés sur 220 km², dont seulement 70 km² de terres émergées. La mer reste le seul mode d’accès à ce parc national créé en 1980, réputé pour son paysage karstique aride contrastant avec la richesse de ses fonds marins. Ce guide détaille comment organiser une visite depuis Zadar ou Murter, les prix réels observés en 2026, les îles qui méritent le détour, et un point de vigilance fréquemment ignoré par les brochures d’excursion : la confusion avec le parc naturel voisin de Telašćica.
L’absence de liaison régulière s’explique par la configuration même du parc : pas de port industriel, pas de village permanent, pas d’infrastructure pour accueillir un car-ferry. Le parc protège une portion sud de l’archipel des Kornati, qui compte au sens large 140 à 150 îles, îlots et récifs — le parc national n’en couvre qu’une sélection, la plus sauvage et la moins pourvue en eau douce.
Depuis Zadar, les excursions organisées constituent l’option la plus courante pour les visiteurs sans embarcation propre — voir notre guide de Zadar pour organiser le reste du séjour dans la région. Comptez 8 à 10 heures de sortie, avec un trajet en bateau rapide d’environ 1h30 à 2 heures. Les départs s’effectuent généralement vers 8h30 depuis la zone de Liburnska Obala ou des marinas locales du front de mer.
Murter offre une alternative plus proche géographiquement. L’île, reliée au continent par un pont à Tisno, réduit le temps de navigation et s’est imposée comme base privilégiée pour la location de bateaux et les excursions en petit comité. Des départs existent également depuis Šibenik et Biograd na Moru, avec un temps de mer plus long.
Le budget d’une journée dans l’archipel varie sensiblement selon la formule choisie et le mode de visite.
| Formule | Prix indicatif 2026 | Ce qui est inclus |
|---|---|---|
| Excursion journée complète depuis Zadar | ~60 € / personne | Trajet bateau rapide, arrêts baignade, parfois déjeuner |
| Combiné Kornati + Telašćica (tarif réduit) | ~16 € l’entrée réduite | Accès aux deux zones protégées, statuts distincts |
| Bateau privé, billet d’entrée | Obligatoire, tarif variable | Accès au parc national uniquement |
| Bateau privé, redevance journalière | 15-30 € (bateau moyen), 20-50 € (voilier ~40 pieds) | Mouillage dans les zones autorisées |
Un point à vérifier systématiquement avant de réserver une excursion collective : le billet d’entrée au parc national n’est pas toujours inclus dans le prix affiché. Certaines agences l’intègrent, d’autres le facturent en supplément, et le contrôle s’effectue réellement à l’entrée de la zone protégée.
Kornat, l’île principale du parc, concentre les infrastructures d’accueil et figure dans la quasi-totalité des itinéraires. Son littoral découpé en criques accueille la majorité des haltes, tandis que son intérieur aride — calcaire nu, végétation clairsemée, absence de cours d’eau permanent — illustre le paysage karstique typique de l’archipel.
Levrnaka attire davantage les plaisanciers privés et les excursions à petit effectif. Ses criques orientées sud-est abritent des eaux calmes propices à la baignade, à l’écart de la fréquentation plus dense de Kornat.
Les excursions combinées affichent souvent « Kornati + Telašćica » comme une escale unique dans un même territoire protégé. Ce n’est pas le cas. Telašćica est un parc naturel distinct, créé en 1988, huit ans après le parc national des Kornati, à la suite de la séparation de la partie nord-ouest de l’archipel. Les deux zones ont des statuts de protection, des règles de mouillage et des tarifs d’entrée différents.
Cette confusion n’est pas anodine pour un plaisancier : le billet d’entrée obligatoire aux Kornati ne vaut pas pour Telašćica, et les zones de mouillage encadrées dans l’un ne préjugent pas des règles de l’autre. Avant de considérer une escale à Telašćica comme la « suite logique » d’une visite des Kornati, il convient de vérifier les autorisations spécifiques auprès du parc ou du skipper. Telašćica reste par ailleurs un site remarquable en propre, connu pour ses falaises abruptes et son lac salé intérieur, mais sa visite relève d’une gestion administrative séparée.
Pour un plaisancier en bateau privé, l’entrée dans le parc est soumise à un billet obligatoire, distinct de toute redevance de port. S’y ajoute une redevance journalière indexée sur la longueur du navire, avec des montants qui varient selon la saison — d’où l’importance de confirmer le tarif exact auprès du parc ou du loueur avant le départ.
Les zones de mouillage et de baignade ne sont pas laissées à l’appréciation de chacun : le parc a délimité des secteurs autorisés pour préserver les herbiers de posidonies et les fonds marins, tandis que d’autres restent interdits. Un mouillage hors zone réglementée expose à une amende et présente un risque réel pour des écosystèmes fragiles. Pour organiser une croisière en voilier dans les îles dalmates, intégrer cette contrainte réglementaire dès la planification de l’itinéraire évite les mauvaises surprises en mer.
Le parc national des Kornati naît officiellement en 1980, après une première proposition de protection dès 1965. Le statut retenu couvre 89 îles, îlots et récifs sur environ 220 km², dont seulement 70 km² émergés — le reste étant occupé par la mer, une prédominance marine qui justifie précisément le classement.
Le paysage résulte d’une érosion calcaire et saline typique du karst dinarique : roches dénudées, côtes découpées, falaises plongeant directement dans l’Adriatique. La végétation terrestre reste clairsemée faute d’eau douce permanente, un contraste qui souligne la richesse des habitats marins environnants — herbiers de posidonies notamment, l’un des motifs principaux de la protection.
La présence humaine sur l’archipel n’est pourtant pas récente : des traces remontent au Néolithique et se poursuivent à l’époque illyrienne, avec des vestiges de murets en pierre sèche et d’anciennes salines encore visibles sur certaines îles. L’archipel est aujourd’hui inhabité en permanence, à l’exception de quelques amarrages de pêcheurs et de rares établissements saisonniers.
La fenêtre la plus favorable s’étend de mai à juin, puis de septembre à mi-octobre : la fréquentation reste raisonnable, la mer déjà chaude à partir de la mi-mai, et les mouillages moins disputés qu’en pleine saison.
Juillet-août concentre l’essentiel du trafic touristique : les excursions depuis Zadar partent souvent complètes, et les mouillages les plus prisés se disputent aux heures d’affluence. Pour les plaisanciers privés, un mistral régulier en été peut rendre le retour vers Murter ou Biograd plus sportif pour les petites unités, ce qui incite beaucoup de skippers locaux à naviguer tôt le matin et à mouiller l’après-midi dans une crique abritée.
L’hiver, le parc ne ferme pas formellement, mais les rotations de bateaux d’excursion s’effondrent presque totalement. Seule la navigation privée depuis Murter reste envisageable, avec un billet d’entrée toujours exigible et des services quasi inexistants sur place.
Pour combiner la visite des Kornati avec d’autres parcs nationaux croates lors d’un même séjour, notre guide du parc national de Krka et notre article sur l’île de Mljet détaillent des itinéraires complémentaires accessibles depuis la même région de Dalmatie du Nord.
Sources consultées : site officiel kornati.hr, parkovihrvatske.hr, fr.wikipedia.org (Parc national des Kornati, Parc naturel de Telašćica), np-kornati.hr, comparatifs d’excursions Zadar/Murter 2026.
Depuis Zadar, une excursion d'une journée complète (8 à 10 heures) inclut environ 1h30 à 2h de traversée en bateau rapide, avec des départs souvent vers 8h30 depuis la zone de Liburnska Obala ou des marinas locales. Aucune route ni ferry public n'y mène : l'accès se fait exclusivement par la mer. Murter, relié au continent par un pont à Tisno, constitue le point d'accès le plus proche du parc et sert de base privilégiée pour les excursions comme pour la navigation privée. Des départs existent aussi depuis Šibenik et Biograd na Moru.
Une excursion journée complète avec arrêts baignade tourne autour de 60 euros par personne, parfois avec déjeuner inclus. Une formule combinée Kornati + Telašćica peut proposer un tarif réduit autour de 16 euros dans certaines offres. Point à vérifier systématiquement avant de réserver : le billet d'entrée au parc national est-il inclus dans le prix affiché ? Pour un bateau privé, le billet d'entrée reste obligatoire, majoré d'une redevance journalière selon la longueur du navire, comptez 15 à 30 euros par jour selon la taille et la saison, jusqu'à 20-50 euros pour un voilier d'environ 40 pieds.
Kornat, l'île principale du parc, figure dans la quasi-totalité des itinéraires, avec son littoral découpé en criques et son paysage karstique aride typique. Levrnaka attire davantage les excursions privées et les plaisanciers pour ses criques orientées sud-est propices à la baignade. Zut, Lavsa et Mana complètent les routes de navigation avec des mouillages plus sauvages. Point de vigilance : Telašćica n'appartient pas au parc national des Kornati. C'est un parc naturel distinct, créé en 1988 après séparation de la partie nord-ouest de l'archipel, souvent associé aux Kornati dans les circuits touristiques mais géré séparément.
L'entrée en bateau privé impose un billet d'entrée obligatoire au parc, distinct de toute redevance de port. Les zones de mouillage et de baignade sont strictement encadrées : certains secteurs sont autorisés pour l'ancrage, d'autres interdits pour préserver les herbiers de posidonies et les fonds marins. Un mouillage hors zone réglementée expose à une amende. Avant de lever l'ancre, vérifier les règles en vigueur auprès de l'administration du parc ou de son skipper reste indispensable, les tarifs et zones pouvant évoluer d'une saison à l'autre.
Mai-juin et septembre offrent la meilleure fréquentation, avec une mer déjà chaude et des mouillages moins disputés qu'en pleine saison. Juillet-août concentre l'essentiel du trafic touristique, avec des excursions souvent complètes et des pontons très fréquentés. L'hiver, le parc reste accessible mais les rotations de bateaux s'effondrent presque totalement, avec des services d'excursion à l'arrêt et seule la navigation privée depuis Murter restant envisageable.